mardi 6 mars 2007

La jeunesse pour un joueur autonome?

Mardi dernier, je l’avoue, j’ai pris quelques pauses au travail, je dirais aux 15 minutes, pour aller voir le site de RDS pour surveiller ce qui se passait dans la LNH. C’était, comme vous le savez, la date butoir pour transiger. Pas beaucoup de surprise avant les derniers instants de cette journée habituellement très mouvementée. Jusqu’à 15h, tout se passait comme prévu, tous les joueurs qui devaient partir ont trouvés preneur et le Canadien, comme je m’y attendais, n’avait pas bougé. Puis, la cloche sonne, il est 3h, on ferme! Je vais quand même voir à nouveau au cas où; les dernières transactions sont souvent annoncées après l’heure limite. Je n’ai pas été déçu de cette dernière visite. J’ai failli tomber en bas de ma chaise lorsque j’ai lu le nom de Ryan Smyth à côté du logo des Islanders.

« Comment les Oilers ont pu faire une telle chose? » ai-je d’abord pensé. Échanger leur cœur et leur âme? Smyth n’est pas celui qui a les statistiques les plus éloquentes, mais c’est tout un joueur de hockey. Rapide, intense, il marque des buts importants, saisons après saisons, il obtient son 60 points et plus et c’est un spécialiste pour se placer devant le filet adverse, bref un vrai guerrier pour reprendre le cliché. Je ne pouvais pas comprendre qu’Edmonton ne puisse s’entendre avec leur plus grand leader. Pour moi et pour plusieurs, Ryan Smyth, c’est les Oilers d’Edmonton depuis plusieurs saisons. Le hockey est un sport d’équipe, mais s’il y a un joueur à qui on identifie immédiatement les Oilers, c’était bien Ryan Smyth. Pendant les premières minutes, j’étais convaincu que Kevin Lowe et ses hommes avaient carrément perdu la tête. On obtenait 2 bons prospects (Nelson et O’Meara) en plus d’un choix de 1ère ronde, mais ils laissaient aller un joueur tellement important pour l’équipe. Puis, j’ai pris du recule et j’ai réfléchi un peu pour formuler un gros «Et si…». Smyth est un joueur autonome sans compensation à la fin de la saison, comme la majorité des joueurs échangés mardi, d’ailleurs. Et si les Oilers arrivaient à re-signer le joueur étoile cet été? Si, au mois de juillet, on revoyait une conférence de presse à Edmonton avec un Ryan Smyth qui aurait transigé ses larmes pour un beau grand sourire? Kevin Lowe rirait dans sa barbe alors que Snow serait celui qui pleurerait. Vous me direz : « Pourquoi on s’entendrait cet été alors qu’on n’a pu le faire dans les derniers jours? » D’abord, parce que bien de l’eau aura coulé sous les ponts. En plus, les Oilers ne sont plus dans la course aux séries, cette année; rien ne presse de signer Smyth. De plus, ça semble maintenant fréquent de voir un joueur revenir à ses anciennes amours au mois de juillet. Recchi et Weight sont retournés avec leur équipe respective durant la période de signature, après avoir remporté la Coupe Stanley avec les Hurricanes. Ce qui m’amène à parler de Garth Snow et des Islanders à nouveau. Tout le monde vante l’ancien gardien d’avoir mis la main sur un joueur d’impact taillé sur mesure pour Ted Nolan et son système. Évidement si mon scénario se produit pendant la saison morte, le directeur gérant de Long Island aurait l’air moins intelligent. Sauf si… Sauf si son équipe remporte les grands honneurs au mois de juin. C’est tellement difficile d’aller jusqu’au bout que si on a la chance d’y aller, ça vaut la peine de sacrifier un peu son futur pour gagner. C’est aussi ce que disait Jacques Demers, un coach qui a gagné cette coupe. Sauf que, est-ce que les Islanders sont une équipe favorite pour gagner la coupe Stanley? Ne vous trompez pas, Smyth est un excellent joueur, après tout je l’ai vanté pendant une demie page. New York s’est amélioré, pas de doute, mais de là à devenir les aspirants #1 pour la coupe, il y a une marge. Si on passe à travers les meilleurs clubs de la LNH, on trouve quelques clubs meilleurs que la troupe de Nolan. Buffalo, avec le retour de leurs blessés est une meilleure équipe qu’eux. New Jersey avec Brodeur en tête viendrait sûrement à bout des Islanders dans un quatre de sept. Pis dans l’Ouest, je favoriserais Nashville, Anaheim et San José avant la nouvelle équipe de Ryan Smyth. Si l’équipe de Snow ne se rend pas jusqu’au bout, ils auront sacrifié beaucoup de jeunesse pour une ronde ou deux en séries. Bien sûr, Smyth pourrait bien signer à New York aussi, mais il n’y a rien de sûr. Les Oilers pourrait bien lui présenté une offre comme les 28 autres formations. Ce qui vient à dire que Garth Snow a pris un grand risque en donnant autant de jeunesse pour un joueur qui sera libre comme l’air au mois de Juillet. On a beau dire que le repêchage de cette année sera « ordinaire », on ne sait pas toujours ce qu’on donne. Surtout, quand on regarde certain joueurs, pourtant très talentueux, qui ont été repêché tard, même très tard. On se dit que des surprises pourraient arrivés, Des surprises comme un Brad Richard (64e choix au total en 98), ou un Alfredsson (133e choix au total en 94), ou un Datsyuk (171e choix au total en 98), ou un Zetterberg (210e choix au total en 99), ou encore un Hasek (207e choix au total en 83). Encore pire, des années comme 99 ou 96, identifiés comme des années ordinaires, on vu des gars comme Havlat être repêché au 26e rang en 99 et un Daniel Brière, sélectionné au 24e rang en 96. Des années ordinaires cachaient de tels joueurs en 1ère ronde, pas impossible que 2007 en cache d’autres. Donc, avoir plus d’un choix en ronde initial donne évidement plus de chance de dénicher une de ces surprises. Ce qui vient à dire qu’il est toujours risqué de donné des choix de 1ère ronde, surtout pour un joueur autonome sans compensation.

Ici, à Montréal, on verra dans quelques années si Bob a bien fait de garder des Perezhogin, Grabovsky, Kostitsyn ainsi que ses 2 choix de 1ère ronde. Pour le moment, on le prend mal, mais ça changera peut-être dans 2-3 ans. Oh on n’a pas cette patience à Montréal, c’est pourquoi les amateurs veulent la tête de leur DG. Les médias n’aide pas en critiquant Gainey, certains vont même jusqu’à se demander s’il a la tête au hockey. Tout ça parce que le Canadien n’a pas effectué de transaction à la date limite. Tous ces commentaires les plus intelligents les uns les autres aideront sûrement les amateurs à mieux comprendre la gestion d’une équipe de hockey. On continuera de penser que de gérer un club sur son PS2 et le faire dans la LNH, c’est pareil. Pendant ce temps, Lamoriello et Burke n’ont pas plus bougé que Bob. Sûrement des 2 de pique ceux là comparés à Garth Snow. Bien sûr ces deux équipes sont en meilleure posture que nos Canadiens, mais ils ont vu les équipes qui les suivent de proche s’améliorer, comme c’est le cas pour notre équipe. Mais vraiment, pas fort ces 2 là. Désolé, pour l’ironie des dernières phrases, c’était plus fort que moi.

Pour le moment, Snow est vénéré par nos bons amis les journalistes, mais si… Mais si, un vent, tout léger, venant de l’ouest Canadien, en venait à ramener Smyth au bercail, ce vent, aussi léger soit-il, ferait faire un virage de 180 degrés à nos girouettes préférées…euh, excusez, journalistes préférés. La ressemblance est tellement frappante parfois.

Désolé pour le délai, je l’ai mûrit longtemps celui là. Je vous reviens demain avec « l’affaire Kovalev », 2 jours de mûrissage, ça devrait être suffisant.

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