lundi 27 novembre 2006

Les joueurs de chez nous

Il semble que ce soit motivant pour un Québécois d’affronter le Canadien. Gagné a connu un fort match samedi, permettant aux Flyers de vaincre le CH. Puis mercredi, les Veilleux, Dupuis et Bouchard ont été les plus dangereux pour le Wild. C’est toujours motivant de jouer devant sa famille et ses amis; on a un peu plus d’énergie. Cette semaine n’était pas une exception, c’est souvent ainsi. On a qu’a penser à Patrice Bergeron, véritable peste contre notre équipe, Lecavalier, qui a amassé un paquet de points contre Montréal, Brodeur, qui gagne des match à lui seul contre nous et Mario Lemieux, qui s’est souvent amusé dans les matchs disputés au Forum et au Centre Bell. Des exemples comme ça, il y en a plein.

Si les joueurs québécois ont du succès contre nous, il semble de plus en plus rare de les voir réussir avec nous. Je vous entends crier : «Pas encore quelqu’un qui va chialer qu’il n’y a pas assez de Québécois dans la formation du Canadien!» Pas tout à fait! Pis si ça vous dérange tant que ça, je vous suggère l’Ontario; les débats sur les Québécois sont très rares. Bien sûr, je trouve qu’il n’y en a pas assez de Québécois. Non, en fait, je trouve qu’il y en a trop de très bons ailleurs. Je n’ai rien contre Bégin, Latendresse, Dandenault et Bouillon, au contraire, mais ce ne sont pas des joueurs d’impact. Pourquoi les meilleurs hockeyeur de la province comme Brière, Gagné, St-Louis, Pominville, Bergeron, Lecavalier et Cie. jouent tous pour d’autres formations? Je veux bien croire qu’on ne peut pas tous les repêcher, mais il devait bien y avoir un moyen d’en avoir un dans la gang. Le dernier joueur vedette de chez nous qui a bien réussi, il dirige les Remparts à Québec. Il y aurait pu avoir Théo, mais il n’a pas su gérer son statut de vedette. Non, Patrick Roy est le dernier qui a su faire face à la musique avec le public d’ici.

Voilà un autre problème : le public du Centre Bell. S’il n’y avait que ça, il y a aussi la presse qui est archi présente et on ajoute la pression de gagner. Ces trois éléments ont formé la fameuse légende : ils ne veulent pas jouer ici. Je dis légende parce que je ne suis pas sur de ça. Vous croyez vraiment que ces grands joueurs ne rêvent pas de faire vibrer le Centre Bell? Vous avez vu la réaction des gens avec Latendresse? Et on ne parle pas d’un Lecavalier ou d’un Brière. Vous me direz que ce n’est pas cette partie qui inquiète. C’est quand ça va mal. Vous avez en partie raison. Quand José arrêtait les rondelles on était les meilleurs, mais quand il en laissait passer 5 dams le même match, on était les pires «bitchs». Roy est considéré comme le meilleur gardien de l’histoire et on ne l’a pas épargné. Par contre, il vivait avec ça et il savait revenir avec des meilleures performances. Je crois que les grands joueurs peuvent vivre avec la critique, même si elle est injuste. Regarder ceux qu’on a «magané» dernièrement : Théo, Ribeiro, Brisebois; ce sont des bons joueurs, mais pas des grands joueurs. Cependant, il y en a d’autres avec qui le public a été dur, mais le résultat a été différent. Je pense à Béliveau, Savard, Lafleur et Roy entre autre. Avez-vous trouvé un point en commun? Vous regarderez au plafond du Centre Bell lors de votre prochaine visite. Vous aller découvrir qu’il en manque juste un et en 2009 le problème sera réglé.

Mais pourquoi on est si dur avec les joueurs québécois? Faisons un peu de psychologie de salon. Je crois qu’en premier lieu, c’est parce qu’on a plus d’intérêt envers eux. On se sacre ben que Kovalev joue un match sur trois, mais on suit à la loupe les faits et gestes de Guillaume. Voyez comme on est intime, je l’appelle par son petit nom. Vous riez, mais ça joue dans l’équation. On se sent beaucoup plus proche d’eux que des joueurs provenant d’ailleurs. C’est normal, on s’identifie à eux. Mais, il n’y pas que ça. Je crois qu’il existe une certaine jalousie. On n’aime pas voir que son voisin réussi mieux que nous. C’est une réaction humaine, mais qui semble plus forte ici. Le phénomène se répète dans d’autre domaine, la musique par exemple. Garou, Céline Dion et Simple Plan sont des succès mondiaux. Pourtant, beaucoup de gens d’ici trouvent ça mauvais. Le Félix à l’ADISQ porte bien son nom : artiste s’étant le plus illustré hors Québec. Allez jouer ailleurs parce qu’ici, on veut rien savoir. Le reste de la planète trouve ça bon, mais nous, nous on le sait que c’est mauvais. Le même principe s’applique au hockey et avec le même résultat : ils vont jouer ailleurs. On peut aussi ajouter l’élément argent. De savoir que petit cul Tremblay avec qui on a joué à la cachette quand on était jeune gagne maintenant des millions, ça nous fait chier. On a beaucoup de problème avec les gens qui font de l’argent au Québec; c’est mal, presque sal. C’est encore une forme de jalousie. Bref, il semble y avoir beaucoup de raison de toujours critiquer nos Québécois, mais je persiste à croire que les plus grands peuvent passer à travers ça. Alors, je continue de rêver à un joueur d’impact québécois chez le Canadien. Bon assez de nationalisme, on se reparle de hockey bientôt.

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