dimanche 18 novembre 2007

Le respect : quand le débat est mal orienté

Le mot respect est devenu au fil des semaines un mot très à la mode dans le milieu du hockey. On en parle beaucoup depuis le coup sur Bergeron, les différents coups salauds portés à travers la LNH et aussi l’histoire de Avery et Jason Blake. En fait, on en parle un peu trop à mon avis. Le respect est une valeur partagée par une bonne majorité de gens, mais à force de sur utiliser le terme, il en vient à perdre tout son sens. Que de philosophie pour débuter cette chronique.

Ne vous méprenez pas, le respect fait bel et bien parti des valeurs que je transmettrai à mes enfants, un jour. Mais, il ne m’est jamais venu à l’esprit que c’est par le hockey que j’allais leur enseigner. Ce sport, en est un de compétition où il y a des contacts physiques et où même les bagarres sont permises. Rendons nous à l’évidence, le hockey est un sport violent. Ce n’est pas que ça, mais c’est certes un élément important de cette discipline. Alors quand on me parle de manque de respect à travers la LNH, je décroche. On peut bien respecter le talent de l’adversaire, mais de là à respecter l’adversaire lui-même, je ne crois pas. C’est un adversaire, vous devez le vaincre, le battre, le frapper. Est-ce qu’on fait tout ça avec respect? Encore une fois, j’ai des doutes.

À travers ce débat, on entend des anciens joueurs comme Lafleur dire qu’il y avait plus de respect à son époque. Je vous ai déjà dit dans une chronique antérieure que ce genre de propos me faisait bien rigoler quand je pense aux Bruins qui voulait arracher la tête de notre bon ami Guy. Je me rappelle aussi les nombreux coups de bâton que Maurice Richard a du recevoir dans sa carrière dont quelques-uns en pleine tronche. Tous ces gestes et les batailles qui ont eus lieu à leur époque et qu’on nous montre sont certainement des marques de respect qui m’échappent et que je ne comprends pas. Certainement une façon qui est propre à leur génération et que la notre de saisit pas.

Pourquoi il semble-t-il y avoir de plus en plus de ces coups? Je répondrai par une autre question : « Est-ce qu’il y en a vraiment plus? » Je n’en suis pas si sûr. Nous sommes dans une période où les communications sont hyper développées. Impossible de manquer quelques choses peu importe où il se produit sur la planète. Le hockey professionnel n’échappe pas à ce phénomène. Quiconque suit un temps soit peu le hockey a vu la mise en échec par derrière de Randy Jones sur Patrice Bergeron et ce, même plus d’une fois. À l’époque de nos parents et grands-parents où le média de la télévision n’était pas aussi développé et où l’Internet n’existait pas, il était beaucoup plus difficile de savoir et de prendre conscience de tous les coups qui pouvaient se donner. Difficile de s’imaginer l’ampleur d’un coup sournois sur Maurice Richard lorsqu’on a que la voix de René Lecavalier, aussi bon que ce dernier pouvait être, pour nous décrire l’incident. Les images sont souvent plus puissantes; je n’apprends rien à personne. Alors l’effet est encore plus grand lorsqu’on nous montre les images à répétitions sous tous les angles et au ralenti. C’est ce qui se produit présentement puisque la situation inquiète biens des gens. C’est une réaction normale et même saine. Il faut s’intéresser au phénomène et voir ce qu’on peut faire pour améliorer la situation. Il faut rester prudent et ne pas se perdre dans des débats de respect et de « c’était mieux dans mon temps ».

Il faut commencer par prendre conscience que le hockey demeure un sport violent et que peu importe ce que vous prenez comme mesure, vous n’éliminerez jamais tous les coups dangereux. La ligue s’est déjà améliorée en donnant des sanctions plus sévères. Il faut maintenant montrer de la régularité et sévir peut importe qui est le fautif. Mais, il est faut de croire que parce qu’il y a des suspensions, les joueurs vont plus y penser avant de frapper un joueur. Quiconque a joué au hockey le moindrement sait à quel point le jeu est rapide et que le temps de réaction est souvent trop court. Il faut quand même persister et espérer que les joueurs vont calmer leurs ardeurs.

On peut aussi tenter d’éduquer les joueurs pour qu’ils apprennent à jouer de façon prudente. Désolé pour Patrice Bergeron et je lui souhaite de bien s’en remettre, mais se tourner dos au joueur et se pencher à la dernière seconde alors que vous êtes dans une course pour la rondelle ne constitue pas un jeu sécuritaire. Vous risquez votre santé en jouant ainsi. À la place de se péter les bretelles en disant que les anciens joueurs se respectaient plus, ces derniers devraient peut-être parler comment les gars se protégeait mieux dans les coins de patinoire. Il était très rare de voir les joueurs tourner le dos à leur adversaire.

Aussi, à la place de parler de Don Cherry que pour ses propos « racistes », on pourrait aussi rapporter ses propos pleins de bons sens sur l’équipement des joueurs. C’est certainement un problème que les dirigeant de la LNH devrait étudier. On sait tous que les joueurs sont de plus en plus gros, plus en plus rapides, alors pourquoi leur donner le droit de porter des armures dignes des chevaliers? Pronger à 6 pieds et 6 pouces n’a nullement besoin d’épaulettes et de coudes aussi dur qu’un mur de brique. Sinon, c’est sûr que les dommages seront plus grands. Surtout si on compare avec l’équipement en carton que portaient nos Maurice Richard et Guy Lafleur. Si on peut modifier les chandails de la LNH on peut certainement apporter des changements au reste de l’équipement.

Prenons maintenant le cas de Sean Avery et de Jason Blake. Il faudrait commencer par s’entendre sur ce qu'il a dit. Impossible si vous voulez mon avis. Certains prétendent que la petite peste des Rangers aurait insulté le joueur des Leafs sur sa maladie, le cancer. Avery s’est toujours défendu d’être aller aussi loin. Impossible de savoir qui dit vrai Lorsqu’il est question de propos racistes ou sur la maladie, là je commence à trouver qu’on dépasse les bornes. Au même titre que je n’accepte pas un coup de coude au visage, je trouve que la ligue ne devrait pas accepter ce genre d’écart de langage. Encore faut-il être sûr des propos tenus, ce qu’il n’est pas le cas dans la situation présente. Mais les autorités devraient être aux aguets pour ce genre d’incident et déterminer ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas.

Bref, il y a bien des décisions à«prendre si on veut diminuer les coups violents au Hockey. Restons prudent et tentons de ne pas nous perdre dans ce débat important. Gardons notre focus à la bonne place et n’orientons pas le débat dans la mauvaise direction.

Sur ce, bonne semaine et à la semaine prochaine!

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