lundi 5 novembre 2007

Un débat qui n’en finit plus

J’aurais voulu passer par dessus le sujet, mais je ne peux m’empêcher de revenir sur le sujet qui a surclassé tous les autres cette semaine. Il est question, bien sûr, de Saku Koivu et de notre « très chère » langue. Je fais parti de ceux qui tiennent à notre langue, de ceux qui veulent la protéger, de ceux qui trouvent que nous la massacrons nous-même par notre ignorance – un débat plus important que celui qui a eu lieu cette semaine – et je suis le premier à m’insurger contre les immigrants qui s’obstinent à ne pas apprendre le français. Par contre, je suis aussi au front pour défendre Koivu contre les critiques sur le fait qu’il ne parle pas le français malgré ses 12 années passées à Montréal. Belle contradiction? Pas vraiment. Je fais seulement la part des choses et j’essaie de ne pas les mélanger.

Je vous l’ai dit, le français me tient à cœur. C’est pourquoi que lorsque je parle ou que je m’exprime sur ce blogue, je m’efforce de le faire dans le meilleur français que je peux. Il n’est pas parfait, je le sais; d’ailleurs, je suis toujours ouvert aux critiques sur mon orthographe ou sur ma façon de parler. Comment expliquer que je défends Koivu alors? C’est simple. Pour moi, il y une énorme différence entre un joueur de hockey étranger qui est de passage pour sa carrière et un immigrant qui vient s’installer ici définitivement. Saku, une fois la saison terminée, retourne chez lui en Finlande. Puis, lorsque la carrière dans la ligue Nationale sera chose du passée, il retournera au près des siens pour de bon. Suis-je le seul qui comprenne qu’il y a une énorme différence entre cette situation et celle d’un immigrant qui s’amène au Québec dans le but de refaire sa vie ici ? Je crois que non, puisqu’ils ont été nombreux à monter aux barricades pour défendre le capitaine du Canadien. Peut-être aussi parce que le débat revient tellement souvent que s’en est pathétique, pour utiliser le terme de Don Cherry. Si Cherry ne semble pas tout à fait comprendre l’importance de langue française au Québec, il n’a pas tout à fait tord lorsqu’il dit que ceux qui s’en prennent à Koivu sont pathétiques. La vedette du segment Coach Corner à Hockey Night In Canada a rappelé les nombreux combats (Son cancer et sa blessure sérieuse à l’oeil) de Saku Koivu ainsi que de son implication au sein de la communauté. De plus, dans cette grosse tempête médiatique, on a appris que le numéro 11 était capable de parler français et qu’il le faisait lors de ses visites dans les hôpitaux. On ajoute, que sa femme parle français, elle qui est pourtant finlandaise, et ses enfants vont dans une garderie en français. Je ne sais pas, mais moi, c’est ce que j’appelle de l’intégration. Tout ça par une personne qui quittera dans 3 ou 4 ans pour son pays d’origine. De plus, Koivu veut jouer à Montréal. Il aurait bien pu aller empocher des millions ailleurs, mais c’est ici qu’il veut gagner. Saku avait même déclaré qu’il ne voulait pas gagner la coupe à Nashville, mais ici. C’est ce que j’appelle de l’intégrité et démontrer de la gratitude envers son club, ses partisans et la ville. À l’heure où des Québécois refuse de venir jouer ici pour X raisons et je ne parle pas seulement de vous savez qui, voilà qu’un joueur, un Finlandais, démontre la volonté de jouer ici. Et nous, on critique cette personne. Pas fort.

Mais qu’est-ce qu’on lui reproche au juste? Le fait qu’il ne réponde pas aux questions des journalistes dans la langue de Molière et qu’il ait présenté ses coéquipiers en anglais seulement lors du match d’ouverture. Pour la première offense, peut-on accepté l’excuse qu’il ne se sente pas assez à l’aise de faire face aux médias dans une langue qui n’est pas la sienne? Nous l’avons accepté pour un Steve Shutt, il y a quelques années. Ce n’est pas un capitaine me direz-vous? D’accord et Joe Sakic alors qu’il était le capitaine des Nordique? Et Sidney Crosby qui refuse de parler en français lors des matchs parce qu’il dit devoir se concentrer sur le hockey? Je ne suis pas en train de critiquer ces joueurs, je vous démontre seulement qu’il raisonnable de croire qu’un athlète soit inconfortable de répondre à des journalistes dans une langue qu’il ne maîtrise pas parfaitement. Voici le genre d’accommodement raisonnable que je peux accepter. Pour l’erreur lors du match d’ouverture, il s’agissait belle et bien d’une faute, mais c’était celle de l’organisation et non du joueur. Mais, comme d’habitude, on a tiré sur le messager.

N’oublions pas non plus que le débat ait été amené, cette année, par nos amis les politiciens. Pourtant ces derniers devraient savoir qu’il n’est pas trop bon de mêler politique et sport. De plus, si la langue est un enjeux important, je crois qu’il existe des priorité dans le domaine beaucoup plus importantes que la langue utilisée par le capitaine de notre équipe de sport. Pourtant ces mêmes politiciens ont souvent répétés qu’il y avait d’autres priorités que le sport lorsqu’il a été question des taxes versés par l’organisation du Canadien. Ils avaient aussi d’autres chats à fouetter lorsque les Expos avait besoin d’aide. Mais maintenant question de se faire du capital politique, le sport devient soudainement important pour eux. Je sais, je mélange les choses, à mon tour. Il reste que ces politiciens ont dirigés un débat important, notre langue, dans la mauvaise direction. Au moins, je suis content de voir que plusieurs Québécois n’ait pas embarqué dans ce bateau. C’est déjà bien. En espérant que le sujet soit clos et qu’il ne revienne pas encore l’an prochain. J’ai quand même peur.

À la semaine prochaine!

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