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Le Hockey, notre folie
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La semaine dernière, Brodeur déclarait qu’il ne désirait pas venir jouer à Montréal, en grosse partie à cause de l’omniprésence des médias. Vient-il mettre en doute ma théorie selon laquelle, les Grands joueurs peuvent jouer à Montréal (à lire dans Les joueurs de chez nous). Pas du tout. Si Brodeur ne peut affronter la folie de Montréal, c’est qu’il lui manque un petit quelque chose pour être un Grand. Voyez vous, ce n’est pas parce qu’on est le meilleur dans sa profession, gardien de but dans le cas présent, qu’on est automatiquement un Grand. Martin bâtera sûrement les records de Patrick Roy, mais ce dernier restera, pour, moi le plus grand gardien de but de l’histoire de la LNH. Un Grand joueur sait faire face à l’adversité et à la pression. Roy savait le faire, Brodeur le sait en partie, mais pas à la même hauteur que son prédécesseur. Mais là, on s’éloigne de mon sujet d’aujourd’hui. Parce que ce n’est pas d’une comparaison entre Brodeur et Roy qu’il est question, mais de l’omniprésence des médias ainsi que des exigences du public Montréalais.
J’ai légèrement abordé le sujet dans la chronique Les joueurs de chez nous, mais j’ai envie de l’approfondir un peu. Ce n’est pas un secret pour personne, le hockey occupe une grande place dans la vie des Québécois. Il occupe une grande place dans les journaux, il fait régulièrement la première page du Journal de Montréal, il est omniprésent dans les bulletins de nouvelle, il a même des émission qui lui sont entièrement consacrés et même qu’il y a des mordus qui en font des blogs. Le hockey fait parti de nos mœurs; c’est notre sport national, notre équipe fait parti des équipes originales, elle a une très grande histoire et même l’émission de télévision La Soirée du Hockey fait parti de notre patrimoine. Tout ça fait en sorte qu’une très grande partie de la population parle de hockey. Quand ce n’est pas au bureau, c’est au resto, à la maison, dans les lignes ouvertes, dans la rue, bref partout. Tout ça pour dire, que du hockey, on en mange.
Les gens peuvent bien chialer contre les médias qui sont trop nombreux ou trop présents, il n’en demeure pas moins qu’ils répondent à une demande ces gens là. À votre demande. Je me promène sur des forums de discussions et je constate à quel point les gens ont besoin de parler hockey. On y retrouve des discussions très musclées, parce que bien sûr, on est toujours convaincu d’avoir raison. Tellement musclé, que sur le blog de François Gagnon, un internaute y est allé de menaces de mort à l’endroit de M. Gagnon et certains de ses collègues de l’émission 110%. C’est rendu grave quand on en arrive à ça, dans une discussion sur un sport. C’est ce qui arrive quand la passion devient une obsession. On veut tellement avoir raison, on est tellement sûr que l’autre dit n’importe quoi, qu’on pète les plombs. Après tout, on connaît bien mieux le hockey que n’importe qui.
Quand on dit que Montréal possède les amateurs les plus connaisseurs, je mais un bémol là-dessus, un très gros bémol. Avez-vous déjà écouté des lignes ouvertes? Ou tout simplement observer et écouter les amateurs au Centre Bell? J’ai déjà entendu la foule scander Huet alors que c’était Aebisher et le match d’après, ils scandaient Aebi alors que Huet était devant le filet. Après 3-4 victoires, certains croient à la coupe, tellement que c’est rendu un running gag. Après 2-3 défaites, l’équipe est la plus pourrie de la ligue. Les plus connaisseurs? Non. Les plus passionnés? Beaucoup plus proche de la vérité.
On dit aussi que la foule de Montréal est la plus exigeante, la plus dur quand ça va mal, mais la plus partisane quand ça va bien. C’est vrai, mais en même temps ce ne l’est pas. Présentement, le Canadien se retrouve au 4e rang dans l’Est, alors que les «experts» prévoyaient que l’équipe ne fasse même pas les séries. Malgré ça, les sujet qui retiennent le plus l’attention, c’est les déboires du 2e trio, de Kovalev, de Samsonov, le 4e trio qui n’est pas assez présent, le trop grand nombre de tirs sur notre gardien et j’en passe. On passe très vite sur la très bonne saison de Koivu, les unités spéciales, Huet, Markov et la très bonne saison offensive de Souray. Pour ce dernier, on aime mieux parler de ses carences en défensive. Je suis peut-être trop positif, mais on pourrait peut-être avoir un milieu, non? Non, mais, c’est rendu qu’on chiale même quand ils gagnent. On bat Boston, c’est normal, c’est une moins bonne équipe. On bat Buffalo, il y a quelques semaines, oui mais en prolongation. Le Canadien ne peut s’en sortir, il va devoir gagner la coupe. Et encore, il faudra en gagner encore et encore. C’est ce qui se produit lorsque ton équipe a gagné tant de Coupe Stanley. Quoique je ne crois pas que des équipes comme les Islanders et le Oilers ont autant de pression. Pourtant ces 2 équipes ont, eux aussi, un passé glorieux. Les Oilers sont, aujourd’hui, compétitifs, mais, avant l’an passé, ça faisait longtemps qu’ils étaient passés proche de gagner le précieux trophée. Pour les Islanders, ils ont même de la misère à faire les séries. Il faut croire que les partisans de là-bas ne sont pas aussi maniaques qu’ici.
Je crois qu’il n’y a rien à faire, les gens vont juste continuer d’observer les moindres faits et gestes de leur équipe chérie. Plus l’équipe aura du succès, plus il va y avoir des observateurs. Bien sûr, on pourrait moins exagérer; on pourrait commencer par arrêter de faire des menaces de morts ou voir autre chose que les insuccès du 2e trio. J’ai bon espoir pour les menaces, mais moins pour le 2e trio. Bah, c’est ce qui fait le charme de Montréal. Tant pis pour Brodeur et les autres peureux, les Grands viendront, un jour, peut-être, enfin j’espère…
En terminant, juste une petite pensée pour la fille de Bob Gainey. Il n’est pas le seul à vivre de tel drame, mais j’ai autant de sympathie pour lui que pour n’importe qui, qui ferait face à un tel drame. La différence c’est qu’il est une personnalité publique, c'est pourquoi mon message est publique.
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