mardi 5 décembre 2006

Les rivalités, encore présentes?

«Situation de deux ou plusieurs personnes qui prétendent aux mêmes avantages et s'opposent pour les obtenir». Voilà ce qu’on trouve comme définition générale du mot rivalité. Par contre, si on le met dans le contexte du sport, plus particulièrement le hockey, on se doit d’être plus précis. On pourrait dire : «Deux équipes qui s’opposent pour obtenir la victoire» Encore là, il manque quelque chose. Ce n'est que la définition d'un match d'hockey. Ils s’opposent intensément, avec passion, fougue, détermination etc. On se rapproche encore plus. Et oui, d’aujourd’hui je traite des rivalités au hockey. Je suis original comme ça moi; je m’inspire du thème du match des Canadiens, hier soir. Laissez-moi vous divertir maintenant avec mes réflexions sur ce sujet.

Si on revient à la définition, dans le cadre du hockey, du terme rivalité, je crois que l’on doit ajouter l’élément haine. Lorsqu’il y a rivalité, on dit souvent que les deux équipes ne s’aiment pas; on dit même qu’ils s’haïssent; d’où le concept de haine. Qui dit haine, dit violence, surtout au hockey. Le hockey est un sport de contact, où les bagarres sont tolérées et où il y a des coups qui sont portés. C’est une réalité. Hier soir, lors des cérémonies entourant la rivalité Boston-Montréal, on a présenté Pierre Bouchard. J’aime bien l’ancien joueur du Canadien, très sympathique, mais il ne s’est pas fait connaître pour ses buts contre Boston, mais bien pour ses combats. Même chose pour Nilan. Tout ça pour dire que les combats, les coups, les mises en échec, la violence, l’agressivité, sont des réalités dans une rivalité. Ce n’est pas juste avec Boston. Il suffit de se rappeler celle avec les Nordiques et au fameux match du vendredi saint. Si vous ne vous en souvenez pas, soyez patients, à Pâques, les médias vont nous casser les oreilles avec ce souvenir, pour une 1000e fois, 1001e avec moi qui vient de vous le rappeler.

Ce qui m’amène a me poser la question, qui a été soulever dans l’émission Au-dessus de la mêlé : «Les rivalités, est-ce que ça existe encore dans le hockey d’aujourd’hui?» Vos grands-parents vous dirons pour la 452e fois -aucune idée pourquoi ce chiffre, je l’aime tout simplement- que c’était plus facile dans leur temps, parce qu’i y avait que 6 équipes, donc ils s’affrontent plus souvent. Merci grand-papa, je ne me souvenais pas qu’il y avait seulement 6 clubs dans ton temps, tu ne me l’avais jamais dit. Aujourd’hui, il y en a 30, mais chaque club affronte 8 fois chaque équipe de leur division. La LNH a ajusté le calendrier ainsi, justement pour créer des rivalités. On a oublié qu’il en existait déjà entre certains clubs de l’Ouest et de l’Est; principalement les 6 clubs originaux. C’est quoi l’affaire? Ils n’ont pas de grands-parents ce monde là pour leur dire qu’il n’y avait que 6 équipes dans le temps? Mais, il n’y a pas que ça. Une rivalité se créé en séries éliminatoires principalement et entre deux clubs relativement égaux. Les Wings peuvent bien affronter 452 fois les Blue Jackets dans la même saison, il n’y aura pas une once de rivalité. Tout simplement parce que les Manteaux Bleus ne sont pas de taille et ne l’ont jamais été. C’est un peu le même problème qu’on a entre Montréal et Ottawa. Quand les Sénateurs sont entrés dans la LNH, ils étaient trop faibles, par la suite ce sont les Canadiens qui en arrachaient. Les 2 équipes commencent à se rapprocher depuis 2 saisons et comme par hasard, il y a un peu plus d’intensité lors des matchs entre eux. Il manque seulement un affrontement en séries. Mais, encore là, il manque quelque chose. Non ce n’est pas parce qu’il y a plus que 6 équipes. La haine. Vous ne vous en souvenez pas, j’en ai parlé dans le paragraphe précédent. C’est vrai que je ne l’ai pas répété 452 fois. Les joueurs ne se détestent pas aujourd’hui, ils fraternisent même. Dans le bon vieux temps, on ne soupait pas avec un adversaire, on ne lui parlait même pas. On s’haïssait pour de vrai. Quand j’entends les anciens joueurs dire qu’on se respectait bien plus dans leur temps, je rigole bien. Dans ce bon vieux temps, les joueurs des Bruins avaient respectueusement promis d’arracher la tête à Lafleur. Maurice Richard pétait la gueule de ses adversaire, mais attention, avec respect. Pierre Bouchard a mangé une respectueuse volée contre Boston. Moi avoir du respect, c’est comme ça que j’en voudrais. Quand je vais montrer le respect à mes enfants, je vais me servir de ces exemples. Tout ça pour dire que détester l’adversaire, ce n’est plus tellement à la mode. Il faut dire que les joueurs changent plus souvent d’équipe. Normal, il y en a plus. Bref, les rivalités existent encore, mais disons que c’est moins intense.

J’essayais de me rappeler les rivalités de mon jeune temps et j’en ai trouvé très peu. Il y a bien les Nordiques, mais quand j’ai commencé à regarder le hockey, Québec en arrachait pas mal. On était loin de la période glorieuse des Stastny, Goulet, Hunter et Cie. Pire encore, quand ils sont redevenus une bonne équipe, ils ont déménagé au Colorado. Alors, aujourd’hui, on se contente de la rivalité entre le «Village» et la «Clique du Plateau». Merci monsieur Fillion. Il y avait celle entre les Anciens Nordiques, l’Avalanche, et Détroit. Malheureusement, les joueurs impliqués, en grande majorité, particulièrement Claude Lemieux, ne sont jouent plus. En plus, le Colorado a perdu pas mal de plumes depuis. Il y a les affrontements Montréal-Toronto qui suscitent encore de l’engouement. La visite des Bruins provoque encore quelques étincelles. Les matchs entre les 6 équipes originales donnent lieu à de bons matchs. Il y a les rencontres entre club de même région aussi: New Jersey-New York, Edmonton-Calgary, Edmonton-Vancouver et Ottawa-Toronto. Bref, quelques bonnes rivalités. Pour nos Canadiens, il y en a qui se dessinent, comme Montréal-Buffalo et Montréal-Ottawa. Il ne manque qu’un ou plusieurs affrontements en séries. Malgré tout, on ne rejoindra pas l’intensité du bon vieux temps. On n’est pas assez respectueux, je pense. Peut-être que si un de nos joueurs promettait d’arracher respectueusement la tête à Brière, ça pourrait fonctionner. J’en parle à Carbo et je vous reviens là-dessus.

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