mardi 23 janvier 2007

Kovalev, le méchant Russe

La dernière fois que vous avez eu de mes nouvelles, le Canadien était incapable de gagner. Depuis, ils ont gagné contre deux formations qui sont classées plus haut qu’eux dans l’Est et on est en plein milieu de la pause du match des étoiles. Puis, comme les médias ne peuvent plus parler du Canadien, ils ont dû trouver un autre sujet d’urgence. Roy leur a finalement donné un sujet à parler pendant des jours. Remarquez que ce n’est qu’un simple fait divers peu intéressant, mais avec un peu d’imagination, il y a quelque chose à faire avec cette nouvelle. Comme le sujet s’essouffle, depuis la première heure, si vous voulez mon avis, j’ai voulu parler d’un autre sujet. J’ai décidé de m’intéresser à la bête noire chez le Canadien, le maudit russe, Alex Kovalev.

Quand le Canadien a fait son acquisition, en 2003, les partisans et même les journalistes étaient contents. On savait déjà que c’était un joueur qui ne se présentait pas tout le temps, mais on savait aussi qu’il était très talentueux. Aujourd’hui, presque 4 ans plus tard, il est l’un des joueurs les plus critiqués. Oh les critiques n’ont pas vraiment changés, on parle de présences trop longues, qu’il ne se replie pas, qu’il ne se présente qu’un match sur quatre etc. Étudions ensemble ce spécimen.

On sait que ce n’est pas facile de jouer à Montréal; les attentes sont toujours très élevés. Je ne sais pas quelles étaient les attentes des fans envers Kovalev, mais ça n’a jamais été un joueur ultra dominant, peu importe l’équipe avec laquelle il jouait. Sa meilleure saison en carrière remonte à 2000-2001 alors qu’il évoluait avec les Pingouins et un certains Mario Lemieux. Il est vrai que Mario n’a pas joué énormément cette année là mais il y avait aussi Jagr qui en était à sa dernière année de contrat. Maintenant, cherchez dans le Canadien des joueurs qui ressemble un petit peu à ces deux là. Non arrêtez de chercher tout de suite, vous ne pourrez pas lire la fin de ma chronique. Je vous le dis tout de suite, on n’a personne qui ressemble à une des ces deux supers vedettes. En dehors de cette saison, il n’a jamais connu de saison de plus de 77 points. Ça tourne autour des 60 points. C’est donc à une telle production qu’il faut s’attendre. Certains partisans croyaient le voir franchir la barre des 100 points et des 50 buts, oubliez ça! Il faut rester sur Terre pour pouvoir apprécier un joueur. C’est peut-être une des raisons pourquoi Kovalev est souvent critiqué.

Kovalev est un joueur spectaculaire qui, selon plusieurs, se retrouve parmi les meilleurs manieurs de rondelles de la LNH. Il n’y a pas de doutes que le 27 éblouie les spectateurs du Centre Belle lorsqu’il arrive en zone adverse et déjoue les défenseurs adverses avec l’une de ses merveilleuses feintes. Le problème c’est qu’il aime contrôler la rondelle. Ce n’est pas vraiment un défaut, mais lorsque ça cause des revirements c’est plus problématique. C’est certainement l’une de ses lacunes; j’aimerais le voir passer plus souvent la rondelle au lieu d’essayer de déjouer l’équipe adverse à lui tout seul. C’est un défaut, certes, mais de là à le lapider sur place, il y a une marge.

On a la critique facile ici, ce n’est pas un secret. Si le publique a tendance à s’en prendre aux Québécois de l’équipe, certains journalistes aiment bien s’en prendre aux Russes, voir même les Européens. Je ne dis pas qu’ils sont au-dessus de toutes critiques, mais tout comme certains fans, certains membres des médias exagèrent. Par exemple, Marc Bureau ne peut pas passer une émission de 110 sans planter Kovalev. On peut dire la même chose du Baron à RDS; M. Chantelois en vient souvent à critiquer Kovalev; après ça, il chiale sur les partisans qui s’en prennent inutilement à leurs semblables. Tout ce beau monde se permet aussi de traiter Don Cherry de xénophobe ou de raciste alors qu’il véhicule des opinions semblables. La seule différence c’est qu’ils le font plus subtilement ave un peu plus de nuance, mais le message demeure le même. Kovalev ne fait pas pitié, mais il y a une limite à toujours descendre la même personne et surtout répéter les mêmes conneries. Quand bien même qu’on dirait à tous les jours que Kovalev ne se présente pas tout le temps, ça ne changera rien; il joue ainsi depuis toujours. Il est rendu à sa 15e saison dans la LNH, je ne pense pas que ça va changer parce qu’on le répète plus souvent. Il est sous contrat avec le Canadien., il faut apprendre à vivre avec. Cet acharnement des médias me tape sur les nerfs, des fois, j’ai l’impression de suivre le hockey d’avant la série du siècle. Messieurs, il n’y a pas que les joueurs canadiens ou américains qui savent jouer au hockey, regardez un peu le classement des marqueurs.

Cette année, la grosse histoire c’est de lui trouver un joueur de centre. Plusieurs doutaient et doutent encore que Plekanec puisse jouer avec le méchant Kovalev. Si on veut des résultats avec Kovalev, il est important de bien l’entourer. Ce n’est pas le type de joueur qui rend les autres meilleurs, il a besoin de quelqu’un pour l’alimenter. Il ne faut pas répondre à tous ses caprices, mais il faut s’arranger pour qu’il produise. L’organisation a décidé de le signer, à eux de lui donner les ressources nécessaires. On a souvent pointé du doigt le joueur de centre comme étant la source du problème. Et si le problème était la chimie avec son compatriote Samsonov? Depuis leur séparation, le 2e trio est beaucoup plus visible. On a essayé plusieurs joueurs de centre et même Kovalev a joué à cette position. Les résultats n’étaient pas vraiment concluent. Est-ce que le Canadien doit abandonner la recherche d’un joueur de centre? Bonne question, Plekanec connaît de bons moments, mais peut-être qu’on voudrait avoir un centre plus expérimenté pour les séries. Mais, c’est toujours les mêmes questions, contre qui et est-ce possible avec le plafond salarial? Je laisse ça dans les mains plus compétentes; je parle de celles de Bob hein, pas celle des fans.

Kovalev n’est pas un joueur parfait, loin de là, mais il a plusieurs qualités qui peuvent aider le Canadien. On le sait, c’est un joueur dur à diriger, qui fait des déclarations controversées, il ne se présente pas tout le temps, mais c’est aussi tout un joueur de hockey. C’est un joueur qui est électrisant, qui est spectaculaire et qui, comme le dirais notre ami Jean Perron, peut nous faire lever de notre siège. On a tendance aussi à oublier sa contribution en séries éliminatoires. Ses statistiques dans cette portion de la saison sont intéressantes; 84 points en 100 matchs, pas si mal. On oublie aussi comment il a été un facteur dans l’élimination des Bruins à sa première saison à Montréal. On oublie aussi qu’il était le seul joueur à produire contre les Canes, l’an dernier, après la perte de Koivu. J’ai bien l’impression que le numéro 27 en mettra encore plein la vue au prochain tournoi printanier. On se dira que finalement, c’est un chance qu’on l’ait gardé et peut-être que les critiques cesseront pendant un petit moment. Inquiétez vous pas, elles reviendront vites, elles ne seront pas bien loin.

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